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16 février 2017

Le Bas-Saint-Laurent est le théâtre de recherches sur la tordeuse

ÉPIDÉMIE. Plongé dans une situation d'épidémie depuis quelques années, le Bas-Saint-Laurent devient un laboratoire pour la lutte contre la tordeuse des bourgeons de l'épinette alors des études y sont menées depuis les derniers mois.

Un projet, financé par le Centre de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada, a pris son envol au printemps 2016 et se poursuivra jusqu'en 2019. Il regroupe différents acteurs comme la Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies et le consortium iFor de l'Université Laval.

Le projet porte sur la gestion stratégique de l'épidémie de tordeuse des bourgeons de l'épinette. Les travaux se déroulent essentiellement dans les secteurs de Rimouski et de La Matapédia et consistent entre autres à des traitements expérimentaux et à évaluer l'effet de l'insecticide biologique sur les peuplements d'épinettes blanches.

Si le contexte d'épidémie nuit à l'industrie forestière, la science y trouve toutefois son compte. « L'infestation est maintenant très sévère et ça continue de progresser. Vaut mieux en profiter parce que sinon, on ne sera pas bien équipé lors de la prochaine épidémie », signale le chercheur scientifique en écologie forestière au Centre de foresterie des Laurentides de Ressources naturelles Canada, Christian Hébert.

Au Québec, les connaissances sur la tordeuse proviennent surtout des deux dernières épidémies, mais davantage de la dernière qui était dans un contexte de forêt de sapins matures. « Aujourd'hui, la matrice forestière a beaucoup changé. Au Bas-Saint-Laurent, il y a beaucoup de plantations d'épinettes blanches affectées. Il faut d'abord se poser la question s'il faut intervenir, et si oui, comment? On n'est pas dans le même contexte puisque l'épinette blanche est une essence moins vulnérable. Tout dépend si on veut sauver la croissance ou garder les arbres en vie », indique M. Hébert.

Meilleures connaissances

Depuis la dernière épidémie, de nombreuses recherches ont été réalisées sur le phénomène. Le suivi de populations a permis d'apprendre beaucoup sur la tordeuse pendant une phase dite endémique. « En exposant des chenilles élevées en laboratoire, il a quand même été possible de suivre l'efficacité des ennemis naturels et on a vu des choses vraiment remarquables. Les chercheurs veulent comprendre ce qui entraîne le début d'une épidémie. Ces recherches ont été menées en douce dans les 20 dernières années, mais génèrent des résultats très intéressants », souligne Christian Hébert.

Un congrès organisé par la Spray Efficacy Research Group (SERG) s'est tenu à Fredericton du 7 au 9 février. L'événement réunissait des scientifiques de partout au pays et des États-Unis et a permis de faire la lumière sur les avancées en matière de lutte contre les insectes nuisibles. Il a notamment été question de la méthode d'intervention hâtive qui vise à améliorer la détection et le suivi des populations de tordeuse. Ce procédé implanté dans le nord du Nouveau-Brunswick semble porter fruit. « Les arrosages fonctionnent et on réussit à contenir et à abaisser les populations. La tordeuse continue de progresser, mais il n'y a pas de dommage grave encore », explique M. Hébert

Gare à l'arpenteuse

La tordeuse n'est pas le seul insecte qui retient l'attention des scientifiques. L'arpenteuse de la pruche, qui s'attaque tant aux conifères qu'aux feuillus, représente une autre menace pour les forêts québécoises. Sa manifestation est très rapide et laisse peu de temps pour réagir dans le but de la contrer. « C'est un insecte qui s'est manifesté de façon beaucoup plus fréquente depuis 20 ou 25 ans, et à des endroits beaucoup plus froids que par le passé. Ça montre les signes d'un insecte qui profite du réchauffement climatique. Cet insecte ne survit pas à des températures inférieures à -37 degrés, mais il n'y a pas fait -37 cette année et l'an passé. Les populations sont probablement en train de remonter », analyse Christian Hébert.

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