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17 octobre 2017

La pauvreté n’est pas encore éradiquée à Rimouski

Regroupement contre l'appauvrissement

©Photo Archives - L'Avantage Rimouski

Pour la journée internationale de la pauvreté, soulignée ce mardi 17 octobre à Rimouski par le Regroupement contre l’appauvrissement (RCA), les organismes communautaires soulignent que la pauvreté au Québec comme à Rimouski ou au Bas-Saint-Laurent est encore loin d’être éradiquée.

Michel Dubé 2017

©Archives - L'Avantage Rimouski

Michel Dubé, devant le "filet social", une mosaïque de la vingtaine d'organismes qui composent le Regroupement contre l'appauvrissement (RCA) à Rimouski.

Le coordonnateur d’Action Populaire et membre du Collectif pour un Québec sans pauvreté et du RCA, Michel Dubé, explique que cela fait près de 20 ans que cette journée est soulignée à Rimouski : « Ce n’est pas normal qu’en 2017, des gens ne mangent pas encore à leur faim, aient de la difficulté à se loger et se déplacer. À Rimouski le coût du logement est très élevé, les demandes chez Moisson Rimouski-Neigette sont en augmentation chaque année. Le transport collectif est trop cher et pas adapté. Et les citoyens en situation de pauvreté en sont exclus. »

M. Dubé ajoute que le RCA, qui compte une vingtaine d’organismes de la région, s’attendait à ce que le gouvernement dépose son plan de lutte contre la pauvreté aujourd’hui : « Depuis la création de la loi 112 pour l’élimination de la pauvreté au Québec, qui date de 2002, il y a eu deux plans d’action, le deuxième a apporté 450 000 $ à notre région. Les intervenants de Rimouski ont décidé de gérer cette aide avec les personnes en situation de pauvreté. C’est d’ailleurs comme ça que je suis devenu intervenant, en partant de l’aide sociale. À tel point que Rimouski est devenu un modèle en matière d’inclusion sociale, selon une étude. Nous sommes la seule région à avoir géré l’argent avec les personnes en situation de pauvreté. On a créé et déterminé les projets avec les gens, incluant les gens dans les solutions. »

M. Dubé croit toutefois que ce plan ne devrait pas satisfaire les organismes communautaires de lutte contre la pauvreté : « Il va y avoir des éléments intéressants, mais jamais assez pour éliminer la pauvreté. Un revenu minimum garanti serait une bonne solution, ainsi que  rehausser les prestations sociales. Présentement, la prestation d’aide sociale couvre 52 % des besoins de base, ces gens sont donc en situation de grave pauvreté. »

Solutions

Plusieurs solutions concrètes sont mises de l’avant pour lutter contre la pauvreté, le rehaussement du salaire minimum à 15 $/ heure, l’accès à des services de qualité et la gratuité en éducation et dans la santé. M. Dubé explique toutefois qu’il existe plusieurs blocages dans cette lutte. « Au Québec, 51 000 personnes sont aptes au travail et cela fait 10 ans qu’elles sont sur l’aide sociale. Je ne pense pas qu’ils soient tous des lâches, ils sont pris dans un cercle vicieux où ils n’ont pas moyens d’en sortir parce qu’ils n’ont d’abord pas les moyens de se déplacer. J’étais moi-même sur l’aide sociale. Je n’avais pas de permis de conduire. La prestation est de 628 $ par mois et le coût du permis de conduire est 1000 $, et dans les milieux ruraux comme au Bas-Saint-Laurent, on ne s’en sort pas sans se déplacer. »

M. Dubé explique que d’autres formes de blocages sont à considérer : « Quand on a un dossier criminel, on a du mal à trouver un emploi, et au bout de 5 ans après sa probation, c’est 700 $ pour effacer son casier, et on ne peut l’effacer qu’une fois. De plus, dans les personnes aptes au travail, il y en plusieurs qui sont diagnostiquées avec des problématiques qui ne sont pas considérées par le ministère comme des contraintes sévères à l’emploi, mais dans les faits elles ne sont pas en mesure de travailler. »

Activités pour la semaine de lutte contre la pauvreté

Le Regroupement contre la pauvreté se réunissait aujourd’hui pour son traditionnel souper communautaire qui cette année qui a accueilli une soixantaine de personnes.

Au programme de la soirée : souper gratuit animé par l’accordéoniste et chansonnier Robin Servant et une pinata avec lecture de propositions provenant de partout le Québec pour lutter contre la pauvreté : « Le collectif pour un Québec sans pauvreté a fait une tournée pour amasser des témoignages de gens qui proposent des idées au gouvernement. On va en piger et les lire. On a une deuxième pinata moins sympathique, on prend les mauvaises pratiques du gouvernement et les gens les mettent dans la pinata et sont ensuite invités à frapper sur les mauvaises idées du gouvernement. Des idées venant de partout au Québec. »

Demain (mercredi) soir avec le Cégep, un débat avec les cinq candidats à la mairie sur la pauvreté et l’éducation aura lieu, deux sujets très reliés. Vendredi, le Parti Québécois fait une tournée qui s’arrête à Rimouski : « On va rencontrer Catherine Fournier, députée de Marie-Victorin et Harold LeBel. En après-midi, Manon Massé et Gabriel Nadeau Dubois nous rencontreront. Ensuite on se réunit pour une marche en soirée pour les gens en situation de pauvreté, avant la Nuit des Sans-abris. »

Une bonne nouvelle ce matin

Michel Dubé s’est réjoui des propositions faites par le candidat à la mairie Marc Parent sur le transport en commun à Rimouski ce matin même : « C’est une très bonne nouvelle. Nous avions produit un mémoire en 2014 qui préconisait, notamment, une tarification sociale du transport en commun à Rimouski. Marc Parent souhaite également revoir les parcours afin que les trajets soient linéaires, chose que nous avons aussi demandée. Avec Éric Forest, c’était complètement fermé. Avec Marc Parent on a senti un changement de discours. Il y a eu des lettres envoyées à la Société des transports de Rimouski pour mettre la pression pour qu’il étudie la tarification sociale. »

M. Dubé précise que le candidat Djanick Michaud, qui propose une tarification égale pour tous à 2 $ pour le transport en commun (aujourd’hui à 3,70 $) rejoint les recommandations du regroupement : « Pierre Chassé, membre du conseil municipal sortant était aussi présent au moment où le Conseil municipal était unanime pour nous appuyer. »

©Photo TC Media - Adeline Mantyk

Journée internationale de l'élimination de la pauvreté

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