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15 mars 2019

Adeline Mantyk - amantyk@lexismedia.ca

Peu d’espoir de hausse du financement fédéral pour les diffuseurs de spectacles

Frédéric Lagacé

©Adeline Mantyk - L'Avantage Rimouski

Le Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ) n’a pas grand espoir de voir l’enveloppe budgétaire fédérale destinée aux diffuseurs augmenter lors du prochain budget, déposé le 19 mars à Ottawa par le gouvernement libéral.

Son directeur général, Frédéric Lagacé, indique avoir rencontré le ministre fédéral du Patrimoine et du Multiculturalisme, Pablo Rodriguez, qui a passé près de 50 minutes en compagnie des représentants du ROSEQ mardi dernier, mais que celui-ci n’a pas fait d’annonce à ce sujet : « On était content d’accueillir le ministre. Depuis quelques mois, on a fait beaucoup de représentations politiques auprès des députés et ministres régionaux au niveau fédéral, dans le but de demander une augmentation de l’enveloppe budgétaire dédiée au Fonds du Canada pour la présentation des arts. »

Selon M. Lagacé, ce fonds existe depuis 2002 mais n’a jamais subi de réelle augmentation ni d’indexation : « C’est par ce programme que les diffuseurs membres du ROSEQ sont soutenus au fonctionnement. Sur nos 32 membres, 20 % ne reçoivent pas de soutien via cette enveloppe, car il n'ya pas de possibilités d'accueil de nouveaux bénéficiaires au programme. Ça cause des problèmes. »

Le directeur ajoute que la contribution fédérale de Patrimoine Canadien au budget d’opérations du ROSEQ s’élève à 8 %, et peut varier chez les diffuseurs. « Ils reçoivent aussi des contributions des paliers provincial et municipal. Par exemple, chez Spect’art Rimouski, qui s’autofinance à 90 %, sur un budget de 2 M$, 50 000 $ proviennent du programme. »

Ouverture

M. Lagacé explique que le ministre a été ouvert et a très bien compris les enjeux mis sur la table : « De son propre aveu, il dit qu’il est d’accord mais que malheureusement, son pouvoir sur le budget qui va être annoncé la semaine prochaine est assez mince. »

En entrevue avec L’Avantage après la rencontre, le ministre Rodriguez a reconnu que le ROSEQ avait des besoins importants au niveau de ce programme. « Je suis d’accord avec eux sur l’importance de ces programmes-là, mais il faut aussi comprendre qu’aucun gouvernement n’investit autant que le gouvernement actuel en culture, plus que tout autre pays du G7 ou tout autre gouvernement canadien. On a doublé les fonds du CAC, on a investi 650 000 M$ de plus pour Radio-Canada, on a augmenté le budget de Téléfilm Canada, de l’ONF. Je regarde en ce moment les autres volets qui pourraient avoir besoin d’un coup de pouce, je pense justement au milieu de la musique et de la diffusion de spectacles. »

Manque de scènes

M. Lagacé explique qu’actuellement, les diffuseurs ne reçoivent pas assez d’argent pour leur permettre de jouer leur rôle auprès du bassin d’artistes actuel, qui a considérablement augmenté depuis les quatre dernières années : « Quand Justin Trudeau a été élu, il a fait un investissement massif au Conseil des arts du Canada, mais pas auprès de Patrimoine Canadien. Donc il a investi dans la création et les artistes, et on salue cet investissement, mais cela a fait en sorte qu’on a beaucoup de contenu et nouvelles offres, mais on manque de scènes pour pouvoir les diffuser, car les diffuseurs sont sous-financés et ne peuvent se permettre de prendre de risques. »

Il ajoute que la situation est plus difficile pour certains diffuseurs, souvent chez les plus petites salles ou les comités bénévoles, comme à Paspébiac ou Fermont : « Certaines organisations n’ont pas la capacité ni l’énergie nécessaires pour remplir les demandes de subventions, et certains ne perdent plus leur temps à le faire, sachant qu’il n’y a de toute façon pas d’argent dans l’enveloppe. »

Aide du ROSEQ

Le ROSEQ dispose d’une enveloppe de 8 000 $ servant à aider les diffuseurs dans la rédaction des demandes : « On met du financement à leur disposition pour qu’ils s’engagent une ressource et on a une banque de ressources à leur fournir. Il faut qu’ils fassent une demande, on fait deux appels à l’année. On y va au besoin, avec un comité pour évaluer les demandes. On essaie de reconnaitre toutes les demandes », affirme M. Lagacé.

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