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18 avril 2019

Jean-Philippe Langlais - jplanglais@lexismedia.ca

Montée du niveau de la mer pour certains, baisse pour d’autres

Maurice Lamontagne

©Gracieuseté

Le séismologue à la Commission géologique du Canada, Maurice Lamontagne.

PHÉNOMÈNE GÉOLOGIQUE. Certains secteurs au pays peuvent être plus affectés que d’autres par la montée du niveau d’eau des océans, notamment en raison d’un phénomène d’affaissements de sols sur de très longues périodes, appelé rebond isostatique.

Le rebond isostatique est l’effet retardé de la dernière glaciation datant de dizaines de milliers d’années. À cette époque, une couche de glace épaisse de 2 à 3 km recouvrait la partie nord du continent. Depuis, la disparition du couvert de glace a entraîné des soulèvements dans la croûte continentale de l’Amérique du Nord. Par ailleurs, les changements climatiques, qui entraînent la fonte des glaces actuelles, font gonfler le volume d’eau des océans. La combinaison de ces deux phénomènes peut entraîner une grande variation, d’un endroit à l’autre, du niveau relatif de la mer à long terme.

« Par leur masse, les glaciers ont mis du poids au milieu et le pourtour s’est rehaussé. L’ensemble du Canada était sous les glaciers et un bourrelet s’est créé autour. Maintenant que tout le Canada ou presque est libre de glaces, le matériel dans le manteau qui causait ce bourrelet a tendance à revenir à sa position originale », illustre le séismologue à la Commission géologique du Canada, Maurice Lamontagne.

Lorsqu’il y a affaissement des terres, le niveau relatif de la mer augmente, alors que le soulèvement des terres fait le contraire. Des affaissements sont présentement constatés à la frontière sud du Canada et dans les Maritimes. Des soulèvements de la croûte continentale sont notamment observés dans le secteur de la baie d’Hudson.

Quelques données

Selon le Rapport sur le climat changeant du Canada, les tendances à long terme montrent hausse du niveau de la mer 3,3 mm annuellement à Halifax. À Rimouski, les tendances à long terme montrent une hausse annuelle moins rapide, soit 0,6 mm. À l’inverse, le niveau de la mer diminue à un taux de 9,3 mm par année à Churchill, au nord du Manitoba, puisque la terre se soulève rapidement en raison du rebond isostatique.

Le Rapport montre aussi des projections quant à l’élévation du niveau de la mer d’ici l’an 2100 et des variations d’une région à l’autre. Dans la plupart des secteurs du Saint-Laurent, une augmentation du niveau de la mer de l’ordre de 25 à 50 cm est anticipée. Dans les Maritimes elle est de 75 à 100 cm d’ici la fin du siècle actuel. Pour le secteur de la baie d’Hudson, une variation à la baisse du niveau de la mer allant 75 à 90 cm est projetée.

Est-ce que le phénomène de rebond isostatique peut être à l’origine de séismes? « Ça participe, mais ce n’est pas un facteur déterminant. Le rebond isostatique le plus important se trouve à la baie d’Hudson. Pourtant, ce n’est certainement pas là qu’on a des tremblements de terre. C’est surtout dans des secteurs de l’est du Canada comme dans Charlevoix et un peu au Bas-Saint-Laurent, entre Matane, Baie-Comeau et Sept-Îles. Ce ne sont pas des régions où il y a le plus de rebonds isostatiques et pourtant ce sont nos zones les plus actives », précise M. Lamontagne.

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