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23 avril 2019

Adeline Mantyk - amantyk@lexismedia.ca

La réforme « OPTILAB 2.0 » suscite son lot d'inquiétudes dans la région

Amélie Nadeau, Jacinthe Lagacé, technologiste médicale à Rivière-du-Loup, Mélanie Bernier, Jean-François Travers, Guylaine Michel, représentante natinale de l’APTS Gaspésie, Dany Leblanc, technologiste à Maria et Harold LeBel

©Adeline Mantyk - L'Avantage Rimouski

Amélie Nadeau, Jacynthe Lagacé, technologiste médicale à Rivière-du-Loup, Mélanie Bernier, Jean-François Travers, Guylaine Michel, représentante natinale de l’APTS Gaspésie, Dany Leblanc, technologiste à Maria et Harold LeBel

ANALYSE MÉDICALES. Les représentants des technologistes médicaux de trois régions, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie et Chaudière-Appalaches, lancent un énième cri du cœur pour dénoncer le projet de centralisation des laboratoires OPTILAB, qui malgré sa version « 2.0 », pose encore des problèmes, selon eux.

Les représentants de l’Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux (APTS) du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de Chaudière-Appalaches se sont réunis à Rimouski pour faire part de leurs inquiétudes sur la continuation du projet OPTILAB. Le syndicat demande pour le moment un gel du déploiement du projet. 

En dépit des déclarations de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann il y a deux semaines, l’inquiétude demeure. Mme McCann mentionnait notamment que les objectifs du projet initial ont été révisés, qu’un nombre d’analyses beaucoup moins important qu’initialement prévu soit transféré vers des laboratoires centraux et que les particularités régionales soient mieux prises en compte. « Dès le lendemain de l’annonce de la ministre, on a reçu un communiqué disant que dans le Bas-Saint-Laurent, on poursuivait sur la même lancée le déploiement du projet », explique Mélanie Bernier, représentante de l’APTS dans le Bas-Saint-Laurent.

Mme Bernier ajoute que l’APTS n’est pas contre OPTILAB, mais que selon elle, le déploiement du projet doit se faire en collaboration avec les technologistes sur le terrain : « Il faut absolument que le ministère parle aux gens. Ça fait des années qu’on dénonce la surcharge de travail, la détresse psychologique. Et là, en 2019, on est rendu à notre slogan « J’en peux pu ! ». Dans les déclarations de la ministre, on ne perçoit pas le côté humain du travail. » 

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Coupures

Le projet de réorganisation des laboratoires de biologie médicale regroupés sous forme de grappes, OPTILAB, fonctionne avec un laboratoire-serveur, à Rimouski, vers lequel les laboratoires associés qui se trouvent sur le territoire, doivent envoyer une grande majorité de leurs échantillons pour analyse.

Même à Rimouski, dans le laboratoire-serveur qui doit recevoir le gros des échantillons, l’APTS dénonce les coupures de postes : « Même si on reçoit le gros des volumes d’échantillons, on a des coupures de personnel car on n’en répond pas aux balises statistiques visées pour le centre-serveur. La main d’œuvre est coupée avant que qu’elle ne soit transférée », explique Amélie Nadeau, technologiste médicale depuis huit ans, qui travaille à Rimouski et dans un petit laboratoire du Témiscouata. « On est environ 90 technologistes à Rimouski, et il nous en faudrait davantage. En ce moment, les quelques postes coupés par laboratoire, on en aurait besoin »

Deux technologistes médicales, Amélie Nadeau et Jacynthe Lagacé

Surcharge de travail

Mme Bernier indique que les équipes sont surmenées et souvent à bout de souffle, les employés forcés de faire du temps supplémentaire obligatoire car il n’y a personne sur les listes de rappel. « Au Bas-Saint-Laurent dans les 8 laboratoires, il n’y a plus personnes sur les listes de rappel. On a de la difficulté à attirer les jeunes vers la profession, donc nous manquons de ressources. Plusieurs postes ne sont pas affichés et certains abolis. Les jeunes peuvent parfois attendre des années pour avoir un poste. Dans le labo-serveur, on utilise des stagiaires pour combler le manque de personnel. »

L’APTS estime que la situation du travail dans les laboratoires s’est détériorée depuis les dernières années. Les retards d’analyses sont notamment vivement dénoncés. « Ces retards induisent du temps supplémentaire obligatoires (TSO) sur des équipes déjà épuisées, ainsi que de l’instabilité parmi les équipes, car lors qu’il y a des retards, on déshabille Paulette pour habiller Pierrette. Les retards créent aussi des tensions dans les échanges. »

Centralisation

De son côté, le député de Rimouski, Harold LeBel, estime que la réorganisation émanant du projet OPTILAB a fait mal : « On le voit sur le terrain. Québec décide qu'on ne peut pas donner des services si le volume n'est pas là et qu'il faut tout centraliser. Ça nous fait mal dans nos régions et aux gens qui donnent ces services. Quand on parle de temps supplémentaire obligatoire, c'est certain que ça n'attire pas les jeunes vers ces métiers, surtout dans des territoires où il y a moins de volume. Ça a un impact majeur sur notre attractivité. Centraliser tout à Rimouski n'est pas une bonne idée, il faut que l'ensemble de la région ait des services de proximité adéquats. Derrière cette bataille-là, on a la bataille des services en région. » M. LeBel a précisé représenter d'une même voix les députés péquistes de Gaspé, Mégane Perry-Melançon, de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, et de Bonaventure, Sylvain Roy.

L’APTS a profité de la Semaine nationale du laboratoire médical arborant le slogan « J’en peux pu ! » pour réunir les représentants de trois régions, présentant des degrés différents d’implantation du projet OPTILAB. Le représentant APTS de Chaudière-Appalaches précise qu’OPTILAB est déjà bien avancé en Chaudière-Appalaches, démarré au Bas-Saint-Laurent et que la Gaspésie devrait être bientôt touchée.

Commentaires

23 avril 2019

Mikael

Pas plus tard que la semaine dernière, on apprenait par les médias que l'augmentation des analyses à Rimouski concernant Optilab ne dépassait pas le 1%, On est loin des peurs véhiculées par le syndicat et voilà qu'ils en remettent. A force de crier au loup, plus personne ne les croit.

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