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24 septembre 2019

L’instrumentalisation du racisme : une pratique morale ou immorale ?

Jean-Claude Mabiala

©Gracieuseté

Jean-Claude Mabiala est professeur de philosophie à l'Institut maritime de Rimouski.

Opinion d'un Rimouskois sur la saga entourant le maquillage noir et brun du Premier ministre Justin Trudeau.

« La discrimination sous toutes ses formes est un fléau qu’il faut combattre sans relâche, compte tenu des dommages qu’il occasionne chez les personnes ou groupes ciblés. Dans cette perspective, comme plusieurs États occidentaux, le Québec et le Canada œuvrent en ce sens depuis plusieurs années, par le truchement d’instruments administratifs et juridiques. Les chartes canadiennes et québécoises, dans leurs articles 15 (1) et 10, pour ne citer que ceux-là, proscrivent tout comportement qui vise à réduire l’être humain à sa plus simple expression, à déshumaniser ou à raciser les composants de certains groupes en raison de la couleur de leur peau. Cependant, il ne relève pas de l’utopie d’affirmer que les gestes racistes sont toujours à l’œuvre dans l’espace public. En effet, à l’occasion, les médias rapportent des cas de conduites discriminatoires réelles ou avérées liées à la couleur de la peau.

Il semble que cette pratique ait été mentalisée et, par le fait même, reproduite socialement, c’est-à-dire de génération en génération. Dans l’hypothèse où ce serait le cas, le moment n’est-il pas venu d’envisager l’élaboration d’instruments alternatifs afin de venir à bout de ces agissements indignes en expurgeant les contenus des œuvres de l’esprit des stéréotypes susceptibles d’alimenter la discrimination et ses différentes manifestations ségrégatives, dont le racisme ?

Si les actes racistes doivent être dénoncés et les personnes qui les pratiquent condamnées, que penser des personnages qui profitent de la vague pour diaboliser leur adversaire en le qualifiant de raciste parce qu’il aurait imité l’accent d’une communauté racisée à l’occasion d’un évènement récréatif ou festif ? Il y a quelques années, lors d’Halloween, une de mes filles, métisse, s’est maquillé le visage en noir pour, me disait-elle, ressembler à une fille noire. Plus tard, si elle décidait de faire la politique, allez-vous exposer dans les réseaux sociaux les photos de son visage maquillé en noir et également l’accuser de racisme ? »

Jean-Claude Mabiala

Professeur de philosophie

Institut maritime du Québec

Rimouski

Commentaires

2 octobre 2019

jacques

Respire par le nez jeune homme. Le même geste posé en 2019 n'a aucune ressemblance avec une époque révolue. Étant étudiant je m'étais costume en arable et je me souviens d'une fois que je travaillais avec un noir et nous avions énormément de plaisir ensemble, une fois nous voulions nous maquiller un en noir et l'autre en blanc. Il n'y avait aucune méchanceté. Une autrefois je travaillais avec un noir, un Innus et moi un blanc. Nous avions donné des surnoms. Encore là aucune méchanceté. Lorsque tu cherches à voir le racisme c'est ça que tu vois continuellement. Alors, est-ce qu'il faut bannir l'halloween ? Se serait trop facile de consulter vu votre manque de confiance en vous. Je suis blanc et toi noir et nous de pouvons rien y faire. J'ose espérer que vous saviez qu'il y avait beaucoup de blanc ici avant de venir y résider ? C'est triste d'entendre de pareilles choses.

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