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02 avril 2020

Charles Lepage - clepage@lexismedia.ca

Le gouvernement entend-il les ressources d’hébergements jeunesse crier leur désespoir ?

OPINION

Le gouvernement du Québec est très proactif dans sa course pour vaincre la Covid-19 et nous ne pouvons que saluer le travail qui est réalisé. Seulement, nous peinons à voir ce qui est fait pour la jeunesse en difficulté. Dans toutes les mesures annoncées à ce jour, les jeunes en situation d’itinérance sont, une fois de plus, les grands oubliés malgré leur vulnérabilité.

Après plusieurs demandes placées auprès des instances politiques afin de nous aider à maintenir nos services en période de crise sanitaire, on reçoit toujours les mêmes réponses : « un plan en itinérance s’en vient », « on travaille à faire quelque chose pour les organismes communautaires ». On ne reconnaît pas les organismes en hébergement communautaire jeunesse dans ces réponses. En temps de crise ou non, les particularités de l’itinérance jeunesse sont noyées dans des mesures touchant davantage l’itinérance chronique des populations plus âgées.

Une maison d’hébergement jeunesse en activité 24/7 a les mêmes besoins financiers, et ce, peu importe les personnes hébergées que toute autre ressource d’hébergement. Elle paie le même tarif en électricité, la même facture d’épicerie, a besoin du même nombre de travailleurs et travailleuses et plus encore. Pourtant, les Auberges du cœur n’ont accès qu’à une fraction du financement que certaines reçoivent ! Pourquoi une telle différence ? Pourtant, jour et nuit nos travailleurs et travailleuses sont au poste, même en temps de guerre contre la Covid-19 !

On nous répète que nous sommes un service essentiel, mais nous n’avons plus les moyens de suivre le rythme imposé par la lutte contre le coronavirus. Les Auberges du cœur étaient, bien avant cette crise, tenues à bout de bras par des travailleurs et travailleuses dévoués qui réussissaient à incuber des histoires fantastiques avec les jeunes qui y entraient, souvent parce qu’ils et elles n’avaient nulle part d’autre où aller. La crise sanitaire vient exercer une pression énorme sur des ressources déjà fatiguées et fragilisées.

On nous demande de garder nos services ouverts et, croyez-nous, les Auberges du cœur ne souhaitent que ça, maintenir leurs services pour les jeunes. Elles ne souhaitent pas qu’ils et elles vivent la rue, l’isolement, l’insécurité alimentaire et plus encore. Pour que nos ressources, qui accueillent et soutiennent des jeunes 24 heures par jour, 7 jours par semaine, puissent continuer en ces temps difficiles, nous avons besoin que la reconnaissance transite par un soutien financier et matériel.

Comme le soutien financier offert aux maisons d’hébergement pour femmes a permis d’illustrer la volonté politique de maintenir ces services essentiels, nous croyons qu’il est aussi possible d’offrir des moyens concrets pour soutenir les milieux d’hébergement communautaire jeunesse. Aujourd’hui, ce sont les jeunes vivant des difficultés ou en situation d’itinérance qui auront besoin de cette volonté.

Monsieur le premier ministre, vous qui êtes responsable des dossiers jeunesses au Québec, il est grand temps de reconnaître le travail exceptionnel que les ressources d’hébergement communautaire jeunesse font au quotidien et de leur donner les moyens financiers de rester des piliers dans leurs communautés.

Johanne Cooper, directrice de la Maison Tangente à Montréal et présidente du Regroupement des Auberges du cœur du Québec

Jacques Baillargeon, directeur général, Habitations Escalier, Montréal

Sébastien Lanouette, directeur général, Ressources Jeunesse de Saint-Laurent, Montréal

Sylvie Barbeau, directrice générale, Le Tournant, Montréal

Mélanie Bélanger, coordonnatrice, Accueil Jeunesse Lanaudière

Marie-Pier Gendron, directrice, L’Élan des jeunes, Châteauguay

Denis Bouchard, directeur, Gîte jeunesse, Québec

Sylvain Daneault, coordonnateur, Roland-Gauvreau, Joliette

Suzanne Demers, directrice, Maison le Baluchon, Saint-Hyacinthe

Maryline Cayer, codirectrice, Maison Habit-Action, Drummondville

Jonathan Dussault, directeur général, L’ADOberge, Saint-Jean-Chrysostome et St-George

Karina Fleury, directrice, Tandem-Jeunesse, La Pocatière

Valérie Fortier, directrice générale, Auberge communautaire du Sud-Ouest, Montréal

Sylvain Gervais, directeur général, Maison Marie-Frédéric, Québec

Véronique Girard, directrice générale, SQUAT Basse-Ville, Québec

Oumar Gueye, directeur général, Héberjeune, Montréal

Barbara Jomphe, directrice générale, Foyer de jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal

Cindy Kirouac, directrice, Maison Raymond Roy, Victoriaville

Sonia Langlois, directrice générale, L’Antre-Temps, Longueuil

Lynda Lepage, directrice générale, Le Transit, Rimouski.

Chantal Larouche, directrice générale, Maison Richelieu Hébergement Jeunesse, Québec

Amandine Vial, codirectrice, La Source-Soleil, Sherbrooke

Véronic Picard, chef d’équipe, Appart Adojeune, Gatineau

Maxime Rainville, coordonnateur, Espace vivant/Living room, Cowansville

Elena Sauvageau, directrice générale, L’Envolée, Laval

Natacha Langlois, directrice, Le Diapason, Mascouche

Andrée St-Jean, directrice, Chaumière jeunesse, Rawdon

Shirley Trigg, directrice, Service d’hébergement St-Denis, Montréal

François Villemure, directeur, L’Avenue Hébergement communautaire, Montréal

Caroline Baillargeon, directrice générale, Avenue des Jeunes, Gatineau

Le Regroupement des Auberges du cœur du Québec représente une trentaine de maisons d’hébergement communautaire pour jeunes en difficulté et sans-abri ou à risque de le devenir réparties dans dix régions du Québec. Les Auberges du cœur hébergent et soutiennent chaque année 3 500 jeunes âgés de 12 à 35 ans et doivent en refuser autant, généralement faute de places. Ces chiffres ne reflètent qu’une partie des besoins des jeunes itinérants ou à risque de le devenir pour le type d’hébergement et de soutien que nous offrons considérant les territoires où de telles ressources sont inexistantes. Au total, les Auberges du cœur offrent plus de 300 lits en maison d’hébergement et, plus de 150 autres places en appartements supervisés ou logements sociaux.

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