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12 juin 2020

Reconstruire plutôt que relancer

Coopérative

©Photo Unsplash Danielle MacInnes

La crise a fait émerger les forces de l’entrepreneuriat collectif qui est, de surcroît, une voie extrêmement riche pour répondre aux besoins des localités.

PAR PATRICE BLAIS - La crise sanitaire n’est pas encore terminée, mais fort heureusement, les gouvernements ont agi rapidement pour en limiter les impacts négatifs. Surtout, saluons ce grand nombre de femmes et d’hommes, particulièrement en santé, qui ont répondu à l’appel de la solidarité. Alors que les entreprises et les commerces commencent à reprendre, du moins partiellement, leurs activités, nous prenons tous la mesure des nombreux effets de cette crise mondiale.  

Entrepreneurs, élus et leaders économiques, consommateurs du Bas-Saint-Laurent, il ne faut pas seulement relancer l’économie telle qu’elle était avant la crise, mais la reconstruire afin de lui donner un visage différent. Que diriez-vous de placer l’enrichissement collectif et le développement durable au centre des préoccupations locales et régionales? En considérant cette avenue, nous nous donnerions les moyens d’assurer la survie de nos services de proximité, la consolidation de nos PME et la transition de notre modèle socioéconomique vers un idéal plus durable et inclusif.

La crise a fait émerger les forces de l’entrepreneuriat collectif qui est, de surcroît, une voie extrêmement riche pour répondre aux besoins des localités. Elle a démontré à diverses reprises sa performance en termes de pérennité, de création de richesse et d’ancrage régional. À nous de positionner ce modèle unique et performant au cœur de la reconstruction.

À l’instar du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité qui, le 9 mai dernier, soumettait à l’intelligence collective 10 grandes actions pour stimuler la reconstruction socioéconomique du Québec, je me permets d’ajouter que le mieux-être social et économique des Bas-Laurentien(ne)s passe par :   

• le maintien de la propriété locale ou régionale de nos PME;  

• des investissements et des achats dans les entreprises régionales afin que la rentabilité profite directement à nos concitoyens;  

• Le soutien à des entrepreneurs et des modèles d’affaires fiables et pérennes.

Les exemples d’entreprises coopératives enracinés, engagés et créatrice de richesse à partager avec les Bas-Laurentien(ne)s sont déjà nombreux : la Coop de solidarité Central Café dans Rimouski-Neigette, la Coop de solidarité InnoLin dans la Mitis, la Coop de solidarité de St-Luc dans la Matanie, la Coop de solidarité Atelier de transformation agroalimentaire des Basques, la Coop Agroénergie de l’Est dans le Témiscouata, les Coops d’alimentation membres du projet ACAMA dans la Matapédia, la Coop d’Innocents dans Rivière-du-Loup et la Coop de solidarité des Champs dans le Kamouraska. 

C’est pourquoi, en mon nom et celui de la Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ), je tends la main aux entrepreneurs Bas-Laurentien(ne)s, élus et autres leaders régionaux pour entreprendre activement et énergiquement cette grande reconstruction.    

Nous devons absolument saisir cette opportunité unique d'établir les bases d'une nouvelle économie de proximité, durable et résiliente parce que le monde change. À nous maintenant de nous assurer qu’il change pour le mieux.

Patrice Blais
Directeur régional - CDRQ - Bureau Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine

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