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20 novembre 2020

Le droit des enfants de s’épanouir

LETTRE OUVERTE

Enfants qui dessinent

©Photo: Depositphotos

La Convention internationale des droits de l’enfant des Nations Unies a été adoptée le 20 novembre 1989 dans le but de reconnaître et de protéger les droits spécifiques des enfants.

PAR ANNIE PELLERIN - À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, le 20 novembre, la proposition suivante est liée directement au développement humain. La politique humanisante appelée dans ce texte mettrait tout en œuvre pour enseigner aux nouvelles générations pourquoi et comment respecter leur dignité et celle d’autrui. Elle concerne l’ensemble des partis présents à l’Assemblée nationale puisque c’est au parlement que se décide la place, les moyens et le respect donnés à l’éducation.

Nous savons déjà que les enfants arrivent au monde avec un potentiel à développer, qu’ils sont dotés d’une capacité d’apprentissage illimitée, qu’ils veulent être le plus heureux possible et souffrir le moins possible sans égard à leur aspect physique, leur culture, leur fonctionnement neurologique, leurs intérêts sexuels, leur classe sociale, leur géolocalisation, leurs comportements, etc., qu’ils sont à la fois égocentriques et grégaires et qu’ils ont la capacité de concilier ces deux caractéristiques antagonistes et complémentaires. Lorsqu’une personne a du respect pour sa propre valeur « d’être humain », cela a un impact direct sur son respect pour les autres.    

Globalement, une politique humanisante veillerait à ce que les cours, les lois, les axes de recherche universitaire, la justice, les ministères, les institutions publiques, etc., soient pensés en fonction du respect de la dignité humaine et de l’épanouissement individuel, donc collectif. Ce système ouvert fera de la place autant à l’esprit critique qu’aux nouvelles découvertes. L’influence des intérêts pécuniers personnels ou corporatifs devra, par contre, être surveillée de près. Elle s’assurerait que le bien commun ne soit pas sacrifié au nom de l’individualisme ni de l’altruisme ponctuel.

Plus précisément, le programme dit « d’humanisation » proposé par le mouvement du même nom serait offert pendant le parcours scolaire (primaire et secondaire) et tiendrait compte de la complexité humaine. Les « essentiels » pour être plus heureux et moins souffrir sont déjà connus (gestion des émotions, communication, estime de soi, engagement, santé, responsabilisation, relations sociales saines, etc.). Le but du développement global de l’élève est qu’il arrive à l’âge adulte en ayant les meilleurs outils théoriques et pratiques pour actualiser l’ensemble de ses dimensions (sociale, physique, intellectuelle, affective, sexuelle, psychologique, etc.). L’éthique (science et art de la morale) serait au cœur du programme proposé afin de soutenir les jeunes dans leur recherche de sens.

Pour préciser comment modifier et jumeler le cursus actuel avec les éléments proposés, les personnes concernées pourront être mises à contribution. Les experts, les connaissances et l’argent existent déjà. Il a des milliers d’idées qui font consensus chez les spécialistes de différents milieux sur ce qui fait du bien à un enfant, et ce qui est aidant ou nuisible. Investir dans ce modèle d’éducation c’est aussi sauver des millions en santé (physique et mentale), en vie humaine, en sécurité publique, en justice, en temps, en énergie, en service sociaux, etc.

L’éducation doit être humanisante et non uniquement en vue d’un emploi ou pour accumuler des connaissances générales. Actuellement, la réponse du système d’éducation sur les liens entre les matières étudiées, leurs contenus et les questions fondamentales des élèves peut se comparer à cette formule : X4 + ¾ Z - (2x8)5 = 9X÷ 7Y3. Pourtant, c’est leur droit de comprendre comment ils sont constitués, comment actualiser leur potentiel, comment bien fonctionner avec les autres, pourquoi faire ceci et quel sens donner à leur vie (en dehors du religieux). C’est notre devoir de leur offrir des réponses rationnelles et sensibles à partir de ce qui est scientifiquement connu afin qu’ils puissent faire leurs propres liens.

Dans le même ordre d’idées, le droit à la vie doit vouloir dire le droit à une vie la plus « humaine » possible, car être en vie et discriminé, abusé ou négligé, ça perd de son sens et de son intérêt… Le respect du droit des enfants et des adolescents à une éducation humanisante c’est un investissement à long terme qui leur fera prendre conscience de leur commune nature et leur permettra d’évaluer ce qui contribue ou pas à un vivre-ensemble dans la paix et la coopération.

Annie Pellerin
Directrice
Mouvement Humanisation

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