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20 avril 2021

Serge Dionne - sdionne@lexismedia.ca

Théories du complot : un sondage inquiétant

ÉDITORIAL

Journaux

©Photo Renée-Claude Doucet

Deux répondants sur cinq pensent que les médias sont tous à la solde des gouvernements.

PAR SERGE DIONNE - La firme Léger, en collaboration avec le Journal de Montréal, a récemment publié un sondage sur l’adhésion des Québécois et des Québécoises à certaines théories du complot. Quoique non surprenants - avec tout ce qu’on peut lire sur les réseaux sociaux -, ces résultats sont tout de même inquiétants.

Croyez-le ou non, une personne sur quatre croit à une guerre secrète entre Donald Trump et des élites implantées dans les gouvernements, les milieux financiers et les médias qui commettraient des actes pédophiles et sataniques. Oh boy! Une écœurantite aiguë de la pandémie a visiblement fait perdre la boule à quelques-uns d’entre nous.

Environ un citoyen sur quatre croit également à l’existence d’un gouvernement mondial qui contrôle le monde. Je vous rappelle qu’au gouvernement du Québec et dans le milieu de la santé, on fonctionne encore avec des télécopieurs et la pagette. On ne parle pas ici de panacée technologique pour déjouer la planète entière et dominer le peuple…

Ce qui m’interpelle davantage, c’est la perte de confiance envers l’indépendance journalistique alors que 40 % des répondants pensent que les médias sont tous à la solde des gouvernements. Pensez-vous vraiment que François Legault a le temps de réviser pour approbation tous les articles, entrevues, reportages, chroniques, etc., publiés en une seule journée par des centaines de médias au Québec? Pensez-vous vraiment que Justin Trudeau appelle des milliers de journalistes chaque matin pour connaître leurs sujets du jour?

En 15 ans de carrière, jamais un membre du gouvernement ne m’a dit quoi écrire. Jamais un membre du gouvernement ne m’a téléphoné pour savoir ce que j’allais publier. Jamais je n’ai subi de pression de la part d’un membre du gouvernement pour le protéger, lui ou son équipe. Bien que les gouvernements puissent acheter de la publicité dans nos pages, comme toute entreprise, organisme ou association, ils n’ont aucune influence sur le contenu rédactionnel. Que nous recevions ou non des subventions, l’indépendance est primordiale et toute tentative d’ingérence serait grandement dénoncée, en plus d’être un suicide politique.

Certaines personnes s’amusent à faire des corrélations douteuses entre les subventions que les médias pourraient recevoir et le traitement accordé à la classe politique. Pourtant, qui a mis au grand jour la collusion et les jeux de pouvoir dans l’industrie de la construction au Québec? Qui a publié le livre PLQ inc.? Qui a révélé le scandale des commandites à Ottawa? Qui a dévoilé des liens étroits entre l'organisme de bienfaisance WE Charity et la famille du premier ministre Justin Trudeau? Qui a enquêté sur les récentes déclarations de François Legault affirmant à tort que les jeunes étaient davantage hospitalisés en raison de la COVID-19? Qui a publié une vidéo d’un député caquiste ne respectant pas les règles sanitaires dans un bar? Qui a questionné le ministre Pierre Fitzgibbon concernant des manquements à l’éthique? Et je pourrais continuer longtemps…

D’autres individus accusent les médias de ne montrer qu’un seul côté de la médaille depuis un an. Le problème, c’est que la science n’est pas une opinion. Certes, il y a des études contradictoires notamment à propos de quelques mesures sanitaires et la science est en constante évolution, mais il existe clairement un consensus scientifique mondial concernant l’existence même du virus et sa dangerosité et l’efficacité de certaines mesures sanitaires.

J’ai eu la chance de discuter, depuis le début de la pandémie, avec des dizaines d’experts du milieu de la santé : médecins, microbiologistes, virologues, chercheurs, professeurs, etc. Ils sont unanimes sur la question. La pandémie est réelle et le virus est dangereux. Et « Off Record », aucun d’entre eux ne m’a mentionné être bâillonné par son ordre professionnel ou obligé d’appuyer le discours du gouvernement. Oui, bien que peu nombreuses, il y a des voix divergentes sur la planète, mais encore une fois le consensus scientifique mondial est clair. S’il devait y avoir complot ou fraude, les journalistes d’enquête le découvriront, et non pas Roger qui regarde des vidéos sur YouTube dans son sous-sol.

Bref, les médias assument encore pleinement leur rôle de quatrième pouvoir et sont essentiels en démocratie. Au même titre que les politiciens, les médias ne méritent pas d’être varlopés gratuitement sur les réseaux sociaux et de subir des menaces. Soyez respectueux, svp. Cette pandémie mondiale, c’est aussi une première pour les journalistes qui doivent constamment naviguer entre information et désinformation. Mais soyez sans crainte, la recherche des faits est encore au cœur du travail journalistique, du moins je l’espère, et ici à L’Avantage comme ailleurs l’intégrité, l’impartialité et la rigueur n’ont pas de prix.

Serge Dionne
Chef de contenu
L’Avantage Rimouski

Commentaires

20 avril 2021

Nestor Turcotte

Qu'attendez-vous pour parler du parcours plus que sinueux des baccalauréats de Pascal Bérubé ?

20 avril 2021

Claude Tremblay

Bravo M. Dionne, Très beau texte. Vous venez de convaincre un nouveau lecteur. Au plaisir de vous suivre! Claude

21 avril 2021

Claude Laroche

Rafraichissant comme texte. Merci pour votre travail et celui de tous les journalistes qui pratiquent leur métier comme il se doit!

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