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07 juin 2021

Charles Lepage - clepage@lexismedia.ca

Une équipe de l’UQAR étudie l’impact des microplastiques sur le pétoncle géant

MÉTHODE NOVATRICE ET UNIQUE

Présentement, peu de techniques uniformes existent pour détecter ces infiniment petites nanoparticules de microplastique.

©Photo Gracieuseté

Présentement, peu de techniques uniformes existent pour détecter ces infiniment petites nanoparticules de microplastique.

Le professeur-chercheur Youssouf Soubaneh enseigne à l’Université du Québec à Rimouski depuis 2013. Originaire de Djibouti (en Afrique) et spécialiste de la chimie, de l’environnement et des bioressources, M. Soubaneh coordonne une équipe de l’UQAR dans le cadre d’une recherche sur les effets chroniques des microplastiques sur le pétoncle géant.

Après avoir passé 18 ans dans son pays natal, c’est en 2003 que le professeur a adopté le Québec pour y parfaire ses études en océanographie à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER).

Ses travaux actuels sont menés à la station aquicole de l’ISMER-UQAR en utilisant une méthode novatrice et unique en son genre au Canada. Une équipe de recherche de sept personnes y prend part, dont le professeur émérite et écotoxicologue Émilien Pelletier; le professeur en océanographie Réjean Tremblay, spécialiste de l’écophysiologie, de l’écologie benthique et de l’aquaculture à l’ISMER; et la chercheuse de réputation internationale Maya Al Sid Cheikh de l’Université de Surrey en Angleterre.

Pêches et Océans Canada, par le biais de son Groupe national consultatif sur les contaminants (GNCC), contribue à ce projet avec une participation financière de 230 500 $. Le Centre d’Innovation de l’aquaculture et des pêches du Québec Merinov s’intéresse également à cette étude.

Au Canada, trois millions de tonnes de plastique sont jetées dans l’environnement. Seulement 9 % de ces déchets sont recyclés. On ne connaît pas la proportion exacte de ce produit qui se retrouve dans les océans, mais on sait qu’à l’échelle mondiale toutes les microparticules issues de la fragmentation du plastique et autres contaminants qu’il contient sont transportés par les courants et se retrouvent dans les cours d’eau.

« Cette étude cherche à comprendre le comportement des molécules en tenant compte des conditions physico-chimiques du milieu ou ce que l’on pourrait appeler la pépinière de contaminants. Nous examinons les effets de bioaccumulation des microplastiques sur les pétoncles géants, une espèce ayant un fort potentiel économique, et leurs possibles répercussions sur d’autres produits de consommation. Les données recueillies permettront de fournir des informations aux industries de la pêche et celle de la culture des coquillages, la conchyliculture », précise M. Soubaneh.

Le professeur-chercheur de l’UQAR Youssouf Soubaneh.

©Photo Gracieuseté

Le professeur-chercheur de l’UQAR Youssouf Soubaneh.

« Notre étude est comme une prospection. Il ne faudrait pas la voir comme une recherche qui démontre que la consommation de ces produits marins pourrait être dangereuse pour l’être humain. Nous désirons plutôt découvrir comment le microplastique s’accumule dans le pétoncle géant et comment il pourrait perturber son développement. »

Le pétoncle géant a été choisi pour sa capacité à filtrer (épuration) et à se nourrir de particules dans la colonne d’eau. « En filtrant l’eau, ingèrent-ils des nanoplastiques ou des microplastiques? C’est ce qu’on veut savoir. On sait aussi que cette espèce a la capacité de se décharger des contaminants (dépuration) qu’elle absorbe. Il faut voir ensuite comment cela peut perturber sa croissance ou son développement et voir aussi dans quelle partie du pétoncle (biodistribution) ces particules s’accumulent. »

Présentement, peu de techniques uniformes existent pour détecter ces infiniment petites nanoparticules de microplastique. Le nanomètre (nm) est égal à un milliardième de mètre. Dix nanomètres sont dix millions de fois plus petits qu’une balle de tennis.

Cette étude se déroule en laboratoire. Les pétoncles sont livrés dans des bassins de la station aquicole de l’ISMER par des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine. Ce mésocosme reproduit les conditions naturelles du milieu de vie de cette espèce et facilite l’interprétation des impacts de ces particules sur l’environnement avec cette nouvelle méthode de recherche.

Le projet se déroulera jusqu’en 2025. M. Soubaneh participe à deux autres études, dont une sur la présence des microplastiques dans le St-Laurent et l’autre sur leur distribution entre Montréal et les Îles-de-la-Madeleine.

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