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18 avril 2022

Charles Lepage - clepage@lexismedia.ca

L’économie circulaire, c’est bien plus que du recyclage

JOUR DE LA TERRE

Daphné Meissner-Laverdière chargée de projet chez Élyme conseils et Mathieu Jean, propriétaire de Rabot D. Bois.

©Photo : gracieuseté Antoine Proulx / Synergie BSL

Photo : gracieuseté Antoine Proulx / Synergie BSL

Le Jour de la Terre le 22 avril est l’occasion de sensibiliser différentes organisations à cet important mouvement participatif en environnement et de faire connaître certaines actions qui vont au-delà du recyclage habituel dans notre communauté.

Le développement durable et l’économie circulaire ça vous dit quelque chose ? La Société d’aide au développement des collectivités (SADC), tant celle de la Neigette que celle de La Mitis, travaillent au développement de ce nouveau modèle économique visant à dissocier la croissance économique de l’épuisement des ressources naturelles et des impacts sur l’environnement par deux principaux mécanismes : repenser nos modes de production-consommation pour consommer moins de ressources et réduire notre empreinte environnementale permettant une amélioration du positionnement des entreprises face à la concurrence tout en réalisant des économies.

SADC de la Neigette

« Le développement durable, c’est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » (Rapport Brundtland, 1987), cite Yvan Collin, directeur de la SADC de la Neigette. « Déjà en 2007, on commençait à discuter de développement durable, ce qui a mené à la mise en place d’Élyme conseils, un organisme à but non lucratif, spécialisé dans l’intégration des principes du développement durable auprès des organisations, entreprises et municipalités. Par la suite, une symbiose industrielle regroupant différentes MRC du Bas-Saint-Laurent a été créée en 2017. Le projet Synergie Bas-St-Laurent crée en 2019 auquel est associé le groupe Élyme conseils pour les MRC Rimouski-Neigette, La Mitis et Les Basques, permet depuis trois ans, de jumeler des entreprises pouvant s’échanger de la matière. On dit souvent, les rejets de l’un viennent les intrants de l’autre », commente M. Collin.

À titre d’exemple, à la SADC de la Neigette, une recherche issue de discussions en économie circulaire avec Rabot D.Bois et AMH Canada Ltée est en cours permettant d’utiliser les rejets de carton afin de remplacer le polystyrène extrudé (styrofoam) comme matériel d’emballage. D’autres recherches visent particulièrement des matières spécifiques que l’on retrouve dans les entreprises du parc industriel de Rimouski.

Dans son rapport paru en janvier 2022, Synergie BSL fait état d’un grand nombre de rejets récupérables : résidus de bois et d’ébénisterie (cèdre) ; résidus de mélamine ; sous-produits de l’exploitation de la tourbe, de l’acériculture ; sous-produits de la transformation agroalimentaire et de boissons alcoolisées (drêches, lactosérum) ; résidus marins (oursins, buccins) ; résidus agricoles (cendre, etc.) ; résidus de métallurgie (sable de fonderie, poussières métalliques) ; résidus de pales d’éolienne ; surplus de textiles, palettes usagées.

Chargée de projet en développement durable et en économie circulaire chez Élyme conseil, Daphné Meissner-Laverdière rappelle que les services du projet Synergie BSL sont offerts aux entreprises et permettent d’accompagner les industries, les commerces et les institutions dans la mise en place de stratégies de réduction, de réemploi, de recyclage ou de valorisation de leurs matières résiduelles pour intégrer plus de circularité dans leur organisation tout en améliorant leurs performances économiques et environnementales.

Grâce aux activités de réseautage, Mme Meissner-Laverdière évalue à près de 200, le nombre d’entreprises du Bas-Saint-Laurent (une cinquantaine dans la MRC Rimouski-Neigette et celle de La Mitis) intéressées à participer à ce projet. « Pour l’année 2020, grâce à cette pratique, la MRC Rimouski Neigette a détourné du site d’enfouissement 35 tonnes de matières qu’on a pu récupérer, on a évité 330 tonnes de gaz carbonique (CO2) issu de l’émission de gaz à effet de serre (GES) et les entreprises de la MRC Rimouski-Neigette ont réalisé des économies de près de 30 000 $ grâce à ces actions. »

La SADC de La Mitis fait figure de précurseur

Dans la MRC de La Mitis, grâce à l’économie circulaire, une trentaine d’entreprises participantes ont détourné 10,5 t de matières vouées à l’enfouissement, elles ont évité près de 50 tonnes de gaz à effet de serre (GES) et obtenu près de 20 000 $ en gain sur leurs opérations.

Ce bilan, extrait du rapport 2020 de la symbiose industrielle Synergie Bas-Saint-Laurent, une entité du groupe Élyme conseils, vient marquer les premiers pas d’un plan coordonné par la SADC de La Mitis en matière de développement durable et d’économie circulaire.

« Depuis presque un an, nous travaillons à la mise en place d’un projet de conversion énergétique pour notre secteur. On souhaite diminuer notre dépendance énergétique face, entre autres, aux combustibles fossiles, en amenant les entreprises à changer leur façon de consommer l’énergie. D’une part, par leur consommation à la source et d’autre part, par la conversion de leurs systèmes de combustible fossile vers la biomasse forestière comme les granules de bois ou les copeaux de bois, dépendant des besoins énergétiques de l’entreprise. Des analyses techniques sur leur consommation énergétique sont en cours dans quelques entreprises, afin d’évaluer la faisabilité technique et financière de ce type de conversion. Les nouvelles sont bonnes. Pour certaines entreprises, environ cinq, cela va fonctionner et ce sont des projets en voie de réalisation au cours des prochains mois », se réjouit Patrick Otis, directeur général de la SADC de La Mitis.

Ce projet est ouvert aux autres MRC du Bas-Saint-Laurent et semble créer de l’intérêt dans d’autres régions du Québec. « Après avoir été l’une des premières MRC au Québec à interdire l’utilisation des sacs de plastique, ainsi que les ustensiles et autres emballages à utilisation unique, on aimerait que le secteur de la restauration puisse offrir à sa clientèle une catégorie d’emballage plus acceptable au point de vue environnemental, soit compostable ou réutilisable. Certaines situations comme le “take out” se prêteraient bien à cette conversion avec des contenants pouvant être rapportés ou réutilisés. »

La SADC de La Mitis désire créer des synergies et sensibiliser les entreprises de son territoire aux possibilités qu’offre l’économie circulaire. « Nous avons l’ambition d’amener les entrepreneurs à changer leurs façons de faire en regardant localement s’il n’y a pas autour d’eux, sans qu’ils ne le sachent, quelqu’un qui pourrait leur fournir les matières premières dont ils ont besoin. On espère que cette roue-là va tourner de plus en plus vite », conclut M. Otis.

 

 

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