Quand l’histoire rejoint le documentaire

Adeline Mantyk adeline.mantyk@tc.tc
Publié le 12 août 2016

François Vincelette, Viveka Melki, Charles Kavanagh, Guillaume Lévesque, et Marie-Andrée Vaillencourt de Parcs Canada, sur L'Île de Perroquet, Minganie.

 

Photo gracieuseté

DÉCOUVERTE MAJEURE. La cinéaste Viveka Melki, de la maison de production rimouskoise Tortuga Films, croit que les ossements humains découverts fin juillet par des archéologues au parc national Forillon, en Gaspésie, sont ceux des victimes du navire « Le Carricks de Whitehaven », sujet du documentaire qu’elle est en train de tourner.

Depuis près de deux ans, la réalisatrice Viveka Melki et l’équipe de la maison de production Tortuga Films s’affairent à la recherche et au tournage d’un documentaire intitulé provisoirement « Carricks », un film sur l’histoire irlandaise au Québec, qui raconte le terrible naufrage du Carricks sur les côtes de Cap-des-Rosiers en 1847 et la mort des immigrants irlandais qu’il transportait au travers des questionnements de Charles Kavanagh, un descendant des rares survivants du naufrage.

« Je suis bouleversée. Je porte cette histoire dans mon cœur depuis 2014. J’ai passé d’innombrables nuits à faire des recherches sur le sujet. Une partie de moi ne veut pas y croire. J’aimerais qu’ils aient survécu. Mais une vérité demeure, c’est que les Irlandais ont marqué le paysage du Québec par leurs vies et leurs morts. »

La réalisatrice espère que les analyses des ossements pourront être rapides : « Plus que l’intérêt, il y a les descendants de ces gens qui vivent des émotions fortes. Ils ont besoin de fermer le livre, d’avoir une certaine paix. »

Une investigation profonde

Depuis 2014, la réalisatrice effectue des recherches sur l’histoire de ce naufrage avec des documents d’archives, des rencontres inattendues. Une investigation profonde qui a permis d’offrir plusieurs indices sur une localisation plus précise de la fosse commune.

Lors du tournage en juillet, un portrait plus juste de la localisation de la fosse s’est formé, à l’écoute des rumeurs des habitants du secteur de Cap-des-Rosiers. Avec l’expertise d’un archéologue de Parcs Canada, Martin Perron, un portrait plus exact de l’emplacement a pu être présumé.

Le documentaire sera diffusé sur les ondes d’Ici Radio-Canada au printemps 2017 pour commémorer les 170 ans du naufrage.

Un récit ancré dans l’actualité

Pour la réalisatrice, l’histoire de ces immigrants, qui pour accéder à l’espoir d’une vie meilleure, ont décidé de traverser un océan, au péril de leur vie et en sont morts, possède d’étranges similitudes avec les migrants originaires d’Afrique ou de Syrie, qui font presque chaque jour les manchettes des journaux : « Je raconte cette histoire au moment même où je suis hantée par notre capacité humaine d'oublier que hier, c’est déjà aujourd’hui. Une différente plage. Des immigrants différents. La même quête vers une vie meilleure pour eux et leurs enfants », raconte Viveka Melki.