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Crise au Bloc québécois: les sept dissidents ne retourneront pas au parti


Publié le 30 avril 2018

Martine Ouellet

©TC Media - archives

Les sept députés dissidents rejettent la main tendue par la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet. Ils annonceront mardi qu'ils coupent définitivement les ponts avec le parti qui les a fait élire en 2015, selon ce qu'a appris La Presse canadienne. Ils n'excluent pas de fonder un nouveau parti politique.

«Hier, je pense qu'on a subi un procès sur la place publique d'accusations, de tirs nourris pour ensuite se faire tendre la main pour un retour», a dénoncé lundi le député Michel Boudrias, visiblement piqué au vif par les attaques lancées par Mme Ouellet lors du conseil général du parti dimanche.

«Est-ce qu'il y a un être humain normalement censé qui retournerait dans des conditions comme celles-là? Je pense que personne dans les dissidents dont je fais partie ne souffre du syndrome de Stockholm.»

Martine Ouellet les avait accusés dimanche d'avoir alimenté des «fake news» à son sujet et d'être «en rupture avec la démocratie interne» du parti, écorchant l'ex-chef bloquiste, Gilles Duceppe, au passage.

«Ces sept démissionnaires-là, ce qu'ils nous ont fait, ils nous ont fait tomber actuellement et nous ont fait mettre du temps sur de la régie interne plutôt que de mettre du temps à faire avancer et à faire rayonner le Bloc québécois», avait-elle dénoncé, déclenchant une salve d'applaudissements.

Malgré ces propos vindicatifs, elle les avait ensuite invités à réintégrer le Bloc québécois dans son discours de clôture. Elle leur a à nouveau tendu la main lors de son passage au parlement lundi.

«Les démissionnaires ont été élus avec la bannière du Bloc québécois, avec le programme qui a été décidé en 2014, donc moi je souhaite qu'ils respectent la démocratie interne et qu'ils se rallient pour qu'on puisse travailler ensemble pour l'avenir du Bloc québécois, l'avenir de l'indépendance du Québec», a-t-elle déclaré aux journalistes.

Quel avenir pour Mario Beaulieu?

Mme Ouellet a également indiqué qu'elle souhaitait que Mario Beaulieu poursuive son travail de député et de président du parti. Celui-ci a affirmé publiquement dimanche que la chef n'avait plus sa confiance, lui qui était autrefois l'un de ses plus fidèles alliés.

«Mario, c'est un ami, a-t-elle dit. Je souhaite qu'il reste avec nous, qu'il se rallie à la décision du conseil général et qu'on puisse continuer à travailler ensemble.»

Mme Ouellet a indiqué avoir eu des échanges par textos avec M. Beaulieu lundi et qu'elle espérait lui parler de vive voix. L'aile jeunesse bloquiste tente également de le retenir. Celui-ci est en réflexion depuis le conseil général et pourrait décider de quitter le parti pour lequel il a milité durant des années.

Sa tentative de devancer de deux semaines la tenue d'un vote de confiance envers la chef, avec l'appui d'une quarantaine d'associations de circonscription, a échoué. Certaines de ces associations ont changé de camp durant la journée pour appuyer la démarche référendaire sur la mission du parti, assortie d'un vote de confiance les 1er et 2 juin, qui a été proposée par Martine Ouellet et le bureau national. Les votes tenus à huis clos ont été remportés par une poignée de voix, selon des observateurs présents dans la salle.

Le Bloc québécois est donc sorti encore plus divisé dimanche de ce conseil général qui devait lui permettre d'identifier une sortie de crise. Le parti est plongé dans la tourmente depuis que sept de ses dix députés ont claqué la porte en février.

Mylène Crête, La Presse canadienne