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Plus d'un tiers des Québécois vivraient d’une paie à l’autre sans avoir un sou de côté


Publié le 12 septembre 2017

Tirelire

©TC Media

Un sondage publié par l’Association canadienne de la paie le 6 septembre indiquant que plus du tiers des québécois vivraient d’une paie à l’autre sans avoir un sou de côté est loin de surprendre l'Association coopérative d'économie familiale (ACEF) Rimouski-Neigette et Mitis.

L’ACEF explique qu’au contraire, le sondage rejoint les observations de l’organisme auquel les consommateurs aux prises avec des difficultés financières font appel depuis près de 25 ans.

« Le crédit a remplacé l’épargne pour bien des ménages. On veut profiter de la vie, ce qui veut dire, pour certains, consommer au maximum. Et c’est facile, le crédit est là pour compenser le manque à gagner pour atteindre le standing souhaité. Bien des consommateurs n’ont pas de coussin de sécurité, ni de fonds de roulement, ni assez d’argent au moment de leur retraite et croulent sous les dettes », indique la directrice de l’ACEF, Chantal Lapointe.

Pour éviter de se retrouver sans un sou d’une paie à l’autre, l’ACEF recommande d’abord de mettre ses cartes de crédit à zéro, de se constituer un fonds de roulement équivalent à un mois de dépenses, et de constituer un coussin de sécurité représentant au moins de trois à six mois de dépenses.

« Lorsque survient un coup dur comme une perte d’emploi, une maladie, une séparation, on est bien content d’avoir été prévoyant. Malheureusement, nos recommandations vont tellement à contre-courant des valeurs préconisées dans notre société de surconsommation. Se serrer la ceinture quelques mois pour accumuler de l’argent pour les jours difficiles ne fait pas très « in », ironise Mme Lapointe.

Mme Lapointe apporte toutefois une certaine nuance sur la capacité de tout un chacun de réussir à épargner : « Il est sûr que les personnes au salaire minimum actuel, ou sans emploi, ne font pas le choix de vivre d’une paie à l’autre, la qualité de vie s’en trouverait hypothéquée. Mais pour un revenu disons, plutôt moyen, nous croyons qu’il est possible et souhaitable de le faire ».

L’ACEF met à la disposition des consommateurs des outils pour planifier et gérer un budget. Des consultations gratuites et confidentielles sont aussi offertes, peu importe le niveau de revenu.

Chantal Lapointe

©Photo gracieuseté