La BD d’un Rimouskois charme la France


Publié le 28 mars 2017

Jean-Sébastien Bérubé

©Photo gracieuseté - Francis Hervieux

AVENTURES. Le Rimouskois Jean-Sébastien Bérubé, auteur de la fameuse série de bandes dessinées « Radisson », revient à la charge avec une nouvelle œuvre, qui a déjà conquis la France, « Comment je ne suis pas devenu moine ».

La bande dessinée de 222 pages, en noir et blanc, a été en lice pour le prix du mois de la station de radio française RTL et choisi BD du mois dans le quotidien français Le Parisien. « Je n’en revenais pas de la critique que j’ai eue, j’ai passé des semaines à éplucher les critiques, j’ai compté 95 % de critiques positives ! » Se faire reconnaître au milieu d’un océan de talents n’est pas chose commune pour le bédéiste, qui ne cache pas que sa série « Radisson » n’a pas connu un franc succès outre-Atlantique.

Le Rimouskois, qui réside aujourd’hui à Montréal entre deux voyages, a préparé son œuvre depuis près de cinq ans : « J’ai eu des tendinites qui m’ont empêché de travailler plus rapidement », explique-t-il. Résultat : une œuvre peaufinée et travaillée dans ses moindres détails.

Un chemin à travers soi

Il s’agit d’une BD autobiographique qui raconte le chemin de l’auteur au travers du bouddhisme, une philosophie qui l’a attirée dès ses 12 ans : « Je suis parti au Népal pour devenir moine, et j’ai très vite déchanté. Le bouddhisme dépeint dans les livres ne correspond pas du tout à la réalité de la rue », raconte M. Bérubé.

C’est sa désillusion et ses tâtonnements dans cet univers particulier que l’on découvre au gré des cases, entremêlées tantôt d’humour, de dérision, parfois d’ironie : « Je savais que la société était pauvre là-bas, mais je pensais que les gens possédaient des valeurs altruistes. Je me suis rendu compte que la pauvreté matérielle affecte l’éducation et la culture. Je croyais que tous les moines étaient érudits, en réalité, sur 1 000 moines, il n’y en a que quatre ou cinq qui pratiquent le bon bouddhisme. »

Jean-Sébastien Bérubé espère passer un message, plutôt philosophique : « Je souhaite que les gens aient un esprit critique envers la religion, mais aussi en général. Il faut aller vérifier si les choses que l’on pense se passent réellement comme on le pense, dans la réalité. »

Jean-Sébastien Bérubé lancera son album, édité par Futuropolis, le 12 avril dès 17 h à la microbrasserie Le Bien, Le Malt de Rimouski.

Une histoire de karaté à Rimouski

Jean-Sébastien Bérubé prépare déjà un nouvel un album qui va se passer à Rimouski, du début à la fin : « Je pratique le karaté Kyokushin depuis 20 ans. Cela va se passer en 2007, il y aura beaucoup de personnages marquants de la pratique du karaté dans la région, comme Sylvain Lessard, décédé en 2008 ».

Parti en voyage d’entraînement au karaté pendant trois mois au Japon, l’auteur explique que son style de dessin s’est vu changer en raison de son immersion au pays des mangas. Même si en raison d’une blessure avant son départ, M. Bérubé regrette de n’avoir pu s’entraîner, il y a découvert une culture et une tout autre manière de vivre, qui transparaitront très certainement dans les pages de son nouvel album, qui en est à l’étape du scénario.