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Jean Désy l'amoureux du Nord et de la poésie


Publié le 20 avril 2017

Jean Désy

©Photo gracieuseté

CRUE DES MOTS. Pendant tout près de deux heures, l'invité d'honneur du festival littéraire, La crue des mots, Jean Désy a partagé généreusement avec les membres du club de lecture de la bibliothèque Jean-Louis Desrosiers, mercredi, son amour du Nord, de ses habitants, de la poésie et de tout ce qui rend le monde plus beau.

L'homme de 63 ans, père de quatre enfants, peut revendiquer plusieurs identités : médecin, poète, essayiste, enseignant, grand voyageur devant l'Éternel. Un bagage foisonnant qui donne à une causerie de multiples chemins de traverse.

Ce n'est pas inutile l'art, à ce moment-ci c'est plus qu'utile, c'est essentiel.

Jean Désy

 « Je suis venu à la littérature parce que je voulais enseigner, et j'enseigne la littérature à la faculté de médecine à l'Université Laval. J'écris pour toutes sortes de raisons. S'il y a un secteur qui me donne beaucoup, beaucoup de joie, c'est la poésie » souligne Jean Désy.

« Je suis persuadé, dit-il, que la littérature est essentielle dans le rapport aux soins en général, pas juste pour les médecins. C'est essentiel d'avoir une vision plus poétique que moins si on veut être capable de juger adéquatement un problème chez un patient (…) Considérer la pratique médicale seulement sous l'angle technologique, ça peut être dangereux. C'est extraordinairement efficace mais il ne faut pas restreindre toute l'activité de soins au seul aspect technique, sinon on peut déshumaniser les soins et la médecine elle-même » souligne le médecin poète.

« Comme poète, dit-il, j'ose penser qu'il ne faut jamais oublier la valeur de l'âme humaine, des rapports humains, amoureux face au monde. Si on croit seulement à la valeur de la technoscience ou de la machine, on peut dégénérer profondément. Ce n'est pas inutile l'art, à ce moment-ci c'est plus qu'utile, c'est essentiel » ajoute Jean Désy, qui a écrit ses premiers poèmes en découvrant la toundra, le grand Nord québécois. Ce fut un éblouissement.

Ses plus beaux textes sont d'ailleurs inspirés de ce territoire rude et gigantesque. « C'est le rapport à l'immensité naturelle qui m'émeut beaucoup. Mes sens sont éblouis par l'immensité de la toundra » souligne l'homme féru de nordicité et de métisserie, ce maillage souhaité entre les autochtones et les non autochtones.

Jean Désy aime ces rencontres avec les lecteurs, ces échanges qui vont dans tous les sens, qui se nourrissent de l'expérience des uns et des autres. À Amqui, il s'est dit impressionné par la qualité des jeunes qu'il a rencontrés à la polyvalente. «Dans ma vie, ça ne m'est pas arrivé souvent de rencontrer d'aussi beaux groupes d'adolescents. Il y avait une espèce de qualité d'être. Je ne connais pas beaucoup la région mais je crois que c'est le reflet d'une qualité sociale évidente. Ces ados, pour qu'ils soient si sains, j'ose le dire béatement, il faut qu'ils soient bien élevés. Il y avait une grande qualité dans leurs questions, dans leur présence surtout. »

Jean Désy compte une quarantaine d'ouvrages à son actif.  Son prochain, un essai qui a pour titre L'irrationalité nécessaire, paraîtra bientôt.

Demain en soirée, il participera au Cabaret des rois, présenté au Château Landry de Mont-Joli dans le cadre de La crue des mots.