Accusé de menaces de mort auprès d’un déneigeur


Publié le 14 juin 2017

Le palais de justice temporaire de Rimouski.

©Photo TC Media - Alexandre D'Astous

Andrew Gagnon-Brisson, 20 ans, de La Trinité-des-Monts, est accusé d’avoir proféré des menaces de mort à l’endroit du propriétaire d’une entreprise de déneigement, le 19 janvier 2017 à Rimouski.

Six témoins ont été entendus lors du procès ce mercredi au palais de justice de Rimouski, trois de la Couronne et autant de la Défense. Les événements se sont produits alors que le véhicule de l’accusé aurait été enterré de neige dans le stationnement du Centre de formation Rimouski-Neigette. L’accusé dit avoir dû recourir au service d’un autre déneigeur pour réussir à sortir son véhicule. Il admet qu’il était stationné près du dépôt à neige, mais qu’il s’était assuré que le déneigeur pouvait passer à côté de son véhicule. Il dit qu’après les cours, vers 15 h 30, il s’est rendu à la résidence du propriétaire de l’entreprise de déneigement pour obtenir des explications et des excuses. Il dit qu’il était fâché, mais assure être demeuré calme et poli.

Le couple de déneigeurs prétend plutôt que l’accusé avait un ton agressif et qu’ils lui ont demandé de sortir à quelques reprises sans succès avant que la femme ne le guide à l’extérieur. « Il m’a alors dit qu’il allait me faire casser les jambes. Je lui ai dit qu’il était mieux de ne pas attendre et de venir s’essayer. Il s’est dirigé vers moi et j’ai donné le premier coup de poing. On s’est ensuite bagarré puis le gars qui était resté dans le véhicule est sorti pour dire « on va le pogner à deux». C’est là que ma femme a crié aux trois employés qui étaient au deuxième étage de venir. Le deuxième gars a dit que c’était correct et un employé nous a séparés. L’accusé est ensuite parti en faisant des dérapages contrôlés avant de repasser devant nous en faisant un signe d’une arme de poing et du passage d’une lame sur la gorge», raconte la présumée victime.

Cette version est corroborée par un employé, mais contredite par l’accusé et son ami. Ces derniers disent que l’accusé aurait dit « vous êtes deux estis de trou de cul» avant que l’accusé ne reçoive le premier coup de poing. Les deux assurent aussi que l’accusé n’a pas fait de gestes d’arme ou de coupe-gorge. « Je suis allé à son domicile pour des explications et de simples excuses. Je n’ai fait aucun geste en leur direction et aucune menace à leur endroit», déclare celui qui a voulu porter plainte à la police contre son assaillant, mais qui dit que le dossier a « traîné au poste de police».

L’avocat de l’accusé, Me Rodrigue Joncas, estime que le juge ne doit pas faire confiance au couple qui raconte des histoires différentes du même événement. « Mon client a lancé des paroles insultantes, mais pas des menaces de mort. On dirait une histoire inventée», plaide-t-il.

De son côté, le procureur de la Couronne, Me Luc Cyr, note également des contradictions dans les témoignages de l’accusé et de son ami. Il estime que l’accusé n’est pas crédible.

Le juge Richard Côté a pris la cause en délibéré et il rendra sa décision le 18 août.