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La Coop Paradis de Rimouski se dit inquiète pour l'avenir


Publié le 15 décembre 2017

Les plans préliminaires du projet

©Photo gracieuseté - Coop de solidarité Paradis

La Coopérative Paradis, inquiète pour sa pérennité, clarifie plusieurs points quant à son projet de relocalisation sur la rue Saint-Germain Est, un projet attendu depuis près de 12 ans par ses membres.

La situation est plus que critique et extrêmement urgente, fait valoir la Coop : « Notre bâtiment est en décrépitude. La Coopérative a été fondée en 2005 et dès 2006, nous avons commencé à travailler sur un projet de relocalisation. La survie de la Coopérative dépend de notre relocalisation. Il faut comprendre que conditionnellement à certaines aides financières, nos membres sont soumis à des obligations de résultats qu’ils ne peuvent atteindre puisque les locaux actuels ne le leur permettent pas. L’enjeu est extrêmement important. »

La directrice générale du Paradis, Cybel Chagnon, explique qu’il faut être conscient que ce type de démarches peuvent être longues et que malgré le caractère attrayant du projet, la Coopérative Paradis et ses membres ne pourront jamais se permettre de rouvrir un dossier qui pourrait nécessiter de deux à sept ans de travail pour arriver à un consensus dans la population, compléter le financement, obtenir une annonce gouvernementale et attendre la fin de travaux complexes. « On ne peut pas déposer deux demandes de subventions à Patrimoine Canadien pour le même dossier. Donc à partir du moment où on autorise la ville à faire une demande de subvention, cela signifie qu’on laisse tomber l’option construction neuve », ajoute Mme Chagnon, soulignant que comme dans la saga de la salle de spectacles de Rimouski qui a pris près de 30 ans avant d’aboutir, le Paradis ne pourrait pas se permettre d’attendre un tel délai.

La présidente du Paradis, Valérie Mongrain, confirme qu’une assemblée générale extraordinaire de ses membres est prévue le 18 janvier, où les membres devront se prononcer sur l’idée évoquée par le maire de ramener la Coop à l’intérieur de la Cathédrale : « Nous devons voter, puisqu’il s’agit d’une demande importante de la Ville, le CA du Paradis seul ne peut se prononcer pour l’ensemble de ses membres. »

Valérie Mongrain, présidente du CA de la Coop Paradis.
Photo gracieuseté -Sébastien Raboin

Paradis dépose son projet

La Coopérative Paradis a décidé d’aller de l’avant avec son projet rue Saint-Germain Est et compte déposer le projet auprès du ministère de la Culture et des Communications (MCC) d’ici la fin de l’année. « Comme il s’agit d’un projet déjà analysé, nous prévoyons que l’analyse pourra être finalisée d’ici le printemps 2018. Nous souhaitons profiter du momentum de la période pré-électorale pour avoir enfin une annonce officielle qui va déclencher tous les travaux », explique la présidente du Paradis, Valérie Mongrain.

Mme Mongrain ajoute que le Paradis, qui travaille depuis un an sur la mise à jour du projet sur Saint-Germain est, a besoin d’une nouvelle construction adaptée aux besoins de ses membres, qui patientent depuis près de 12 ans pour avoir un espace adapté à leurs besoins de développement : « On a un financement bien attaché à ce projet. Au printemps dernier, sur demande de la Ville, on a accepté d’attendre le résultat de la consultation publique menée par Kurt Vignola pour être certain qu’on ne passait pas à côté d’une option importante pour Rimouski. Les résultats du sondage ont donné qu’uniquement 19 % de la population souhaitait une désacralisation complète de la cathédrale. Ce même sondage révélait que les Rimouskois n’étaient pas prêts à payer pour la restauration de la Cathédrale. Donc, en juin dernier, la Coop Paradis et le MCC, nous étions certains, après discussions avec la Ville, que ce dossier était clos. Suite à ça, on a adressé une demande de soutien pour notre projet de construction neuve à la Ville, soutien confirmé par voie de résolution par le Conseil municipal en septembre. »

La Ville de Rimouski est en effet partenaire du projet sur la rue Saint-Germain est à hauteur de 490 000 $. Le montage financier se lit comme suit : 6,6 M$ du MCC, 1,5 M$ du fédéral, 490 000 $ de la Ville et 400 000 $ des partenaires financiers et du milieu.

Délais importants pour la désacralisation

Mme Mongrain explique que le conseil d’administration de la Coop Paradis s’est montré prudent dans ses déclarations publiques jusqu’alors, car la situation est délicate et que le Paradis compte 15 membres, ce qui signifie 15 conseils d’administrations qui doivent se consulter avant de prendre toute décision. « Ce qui est en jeu ici, c’est la pérennité à court terme de la Coop Paradis. On parle ici de nombreux joueurs de la vitalité culturelle de Rimouski. La Coop a déjà perdu trois ans pour avoir accepté d’examiner l’option du Paradis dans la cathédrale à partir de 2015. »

La Coopérative Paradis estime qu’elle s’est montrée plus que patiente dans le dossier : « Il est clair que nous ne voulons pas que la Cathédrale soit détruite. Nous l’avons prouvé en 2015 lorsque nous avons accepté d’examiner la possibilité d’établir la Coop dans la Cathédrale alors que notre projet de relocalisation rue saint-Germain était déjà déposé et que le projet dans la Cathédrale ne faisait déjà pas consensus auprès de tous nos membres. Le poids de la sauvegarde de la Cathédrale ne devrait pas reposer sur nous », ajoutent la présidente et la directrice.

Retour dans le passé

En juin 2015, la Coopérative Paradis avait déposé un projet complet auprès du MCC : « Ce projet était déjà en traitement auprès du ministère. À ce moment-là, le comité 1862 cherchait un projet porteur à vocation culturelle ou communautaire pour tenter de sauvegarder la cathédrale. Nous avons accepté de mettre notre projet sur pause pour examiner la possibilité du Paradis dans la Cathédrale. Mais plusieurs de nos membres avaient déjà émis des réticences quant à leur entrée dans la Cathédrale, car les lieux ne pouvaient convenir à leurs besoins », d’exprimer Mme Chagnon.

En avril 2016, un projet détaillant la Coop dans la Cathédrale, sur quatre étages, était présenté au public. Deux mois plus tard, Paradis se retirait du dossier en raison de la contestation et de l’arrivée d’un nouveau comité prônant la restauration de la Cathédrale et son maintien en lieu de culte : « Il était aussi extrêmement difficile d’attacher le budget de construction estimé à 21 M$ et l’absence de consensus, sans consultation publique, rendait difficile l’implication des paliers gouvernementaux. »